Artisanat

LE TRAVAIL DU PANDANUS:

Rurutu est réputée à travers toute la Polynésie Française pour sa production de paniers, chapeaux, peue et autres nattes, tressés avec les feuilles de pandanus. On trouve, un peu partout sur l’île de petites parcelles où sont cultivés, de façon familiale, les pieds de Pandanus. La feuille de pandanus paehore, après divers traitements (cuisson de 6 à 7 heures avec citron et copeaux de savon pour les blanchir, séchage au soleil, assouplissement,…) est ensuite découpée en brins plus ou moins larges suivant l’usage auquel ils sont destinés. Les brins les plus fins (2 à 3 mm de large) sont utilisés pour le tressage des chapeaux. Si l’utilisation du pandanus est quasi universelle, elle n’est pas exclusive. D’autres matériaux complètent souvent la panoplie de l’artisan, que ce soit pour ajouter une touche colorée ou un décor ou pour tresser des objets plus précieux.

a) les paniers, sacs et corbeilles:

Outre le traditionnel « panier-marché » qui s’agrémente de motifs décoratifs tressés en pandanus, les femmes de Rurutu réalisent de nombreuses sortes de petits paniers, sacs et corbeilles de toutes sortes et de toutes tailles, joliment décorés soit par des motifs tressés, soit par l’ajout de matériaux colorés comme la feuille du fei, des pièces de kere, la partie interne teinte de l’écorce de purau, le tapa ou même l’utilisation de tissu pareo. Ces différents paniers, sacs et corbeilles sont le plus souvent tressés sur une forme parallélépipédique.

 

 

 

 

 

 

 

 

b) les chapeaux et casquettes:

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Le pandanus est la matière première la plus utilisée pour réaliser les chapeaux. Cependant, la jeune feuille de cocotier (niau), l’écorce du bambou (ofe), et le roseau (aeho) sont également utilisés mais ces matériaux demandent une longue et minutieuse préparation qui ne peut avoir lieu pour certaines qu’à certains moments de l’année et donc ces chapeaux sont plus précieux, plus rares et donc beaucoup plus chers. L’imagination des femmes-artisans de Rurutu est sans limite et on trouve même des chapeaux réalisés à l’ide de pièces de kere cousus sur une forme. Ces chapeaux, vus de loin, donnent l’impression d’être en peau et ressemblent un peu aux chapeaux de cow-boys  (photo).
On peut distinguer deux sortes de chapeaux tressés en pandanus: ceux qui sont réalisés à partir d’une longue bande tressée (plusieurs motifs de tressage) qui est ensuite cousue pour donner un chapeau, et puis, beaucoup plus nobles, ceux qui sont entièrement tressés sur une forme en bois dur. Les chapeaux masculins sont de types variés tant dans leur forme générale que dans les motifs de tressage sur les parois latérales. Mais c’est dans les chapeaux féminins que la créativité des artisans s’exprime de la plus belle façon . De nouveaux modèles apparaissent fréquemment. Nombreux et de formes diverses, ils sont souvent ornés de fleurs en  pandanus, purau, en kere ou en tapa.. Plus légère et peut-être plus « moderne », la casquette en pandanus a l’avantage de laisser respirer les cheveux. Comme pour les paniers, l’approvisionnement est suffisamment régulier pour que chacun trouve le chapeau qui lui plaise et qui lui aille.  

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c) les peue et autres nattes:

Les peue et autres potata font la fierté des artisans de Rurutu. Les plus grands (diamètre de 2,50 à 3m) demandent plusieurs journées de travail et sont aussi tout naturellement les plus chers. On trouve aussi de simples nattes rectangulaires de toutes tailles, ainsi que des sets de table. Il peut être prudent de commander à l’avance si on souhaite un modèle de dimensions bien définies. La natte (nom à compléter) est plus rudimentaire: les feuilles de pandanus sont simplement liées entre-elles. Elle est souvent utilisée comme « paillasson » à l’entrée de la maison ou comme selle de cheval.

LA SCULPTURE:

a) sur bois :

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Malgré la richesse de l’île en bois de miro, Rurutu ne compte qu’un seul sculpteur. Installé à Moerai, Stanley Opeta sculpte dans le bois  massif des tables à popoi  et des umete.
Sa production est limitée, la sculpture n’étant pas son activité principale. Il travaille aussi sur commande.

b) sur corail :

ImageChristian DAVID est un jeune artisan original qui sculpte le corail (blocs du genre Porites rejetés par l’océan qu’il récupère sur la plage de Peva) à ses moments perdus. Sa production est limitée: porteur de pierre, femme agenouillée, …. Il apporte un soin tout particulier à la peinture des vêtements de ses sculptures. Il peut travailler sur commande, mais les délais sont souvent longs. Il réside à Moerai après la Gendarmerie en direction de Hauti.

c) penu et umete :

Le penu toujours très utilisé quotidiennement pour préparer la popoi symbolise on ne peut plus la vie traditionnelle de Rurutu. On ne s’étonnera donc pas de savoir que quelques artisans fabriquent dans le corail massif de petits penu « touristiques ». On les trouve ainsi que quelques umete en corail au « fare artisanat » à l’aéroport. Rassurons les protecteurs de l’environnement, la matière première à ces différents objets provient de blocs roulés rejetés sur les plages de l’île et la production est quasi confidentielle. Aucune atteinte au milieu naturel donc.


LES TIFAIFAI:

Que ce soit lors du Heiva, du Tere ou du Me, le tifaifai est un objet qui fait la fierté des mamas qui l’ont réalisé. On distingue deux types de tifaifai: ceux composés de petites pièces rectangulaires, losangiques ou carrées cousues ensemble ; sorte de patchwork géométrique, ils jouent essentiellement sur les associations de couleurs et les motifs géométriques. Il y a aussi les tifaifai où un motif ayant un ou deux axes de symétrie est « appliqué » sur un drap de couleur. On trouve ainsi des représentations de uru, de tiare, d’ananas, de poissons, etc…. Outre l’esthétique des motifs et l’harmonie des couleurs, la qualité de la couture fait souvent la différence. On le comprendra aisément, les tifaifai cousus à la main sont beaucoup plus chers que ceux cousus « à la machine ». Les anciens tifaifai sont des pièces rares qui ne sont sortis que dans les grandes occasions, lors du tere, d’un mariage,…..et tout aussi vite soigneusement rangés dans des malles ou des armoires.


LES COLLIERS ET AUTRES ACCESSOIRES DE COQUILLAGES:

ImageSi à Tahiti, les colliers de coquillages sont traditionnellement offerts au moment du départ, sur Rurutu, c’est indifféremment le collier de coquillages ou le collier de fleurs qui est mis autour du cou de celui qui part, quand bien même ne part-il que pour quelques jours… On trouve encore des colliers fabriqués avec patience à partir de petits coquillages locaux. Après une longue préparation, les coquilles sont percées à l’aide d’un poinçon puis enfilées  sur un fil nylon. Le temps nécessaire à la préparation est long. Il est aisé de les distinguer des colliers « made in Philippines » qui arrivent en Polynésie par cartons entiers et apparaissent malheureusement de plus en plus souvent sur les étals…. Si le puriste peut s’en émouvoir et le regretter, cette importation a cependant un côté positif: elle évite le pillage du platier et des récifs de Rurutu et, plus généralement, des lagons polynésiens. A partir de coquillages et de cordelette de nape (fibres de bourre de cocotier artistiquement tressées), quelques artisans créent des pendentifs, ras-du-cou et bracelets,… Quelquefois, des graines ou de minuscules penu en corail sont associées aux coquillages. Cette production de petits bijoux originaux (chaque pièce est unique et ne sera probablement pas reproduite), pourtant plus lucrative que le traditionnel collier de coquillages, reste cependant limitée.

LES COLLIERS DE FLEURS:

Le collier de fleurs est aussi bien offert à l’arrivée qu’au départ. Les femmes qui les préparent associent tiare, frangipanier, miri, bougainvillier et autres fleurs suivant la saison. Là aussi, il n’est pas rare de trouver dans ces colliers quelques graines ou fruits secs. Il est préférable de commander ses colliers à l’avance, si on veut être sûr d’en disposer le jour dit.


L’ARTISANAT A L’AEROPORT:

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Quelques heures avant le départ de l’avion, la boutique qui regroupe les différentes associations d’artisans de Rurutu ouvre ses portes. C’est le passage obligé pour les touristes comme pour ceux qui viennent accueillir ou saluer un ami. Outre les colliers de fleurs ou de coquillages, cette « boutique » a l’avantage de proposer une grande variété de chapeaux sacs, nattes peue,…. On n’a que l’embarras du choix! On trouve aussi quelques coquillages, des sculptures en bois et en corail, des umete, du monoi,….  

L’ARTISANAT A AUTI:

Située au cœur du village de Auti, la maison des artisans, tenue par une association de femmes du village, propose un choix d’objets: paniers, chapeaux, umete, etc... Il n’est pas rare de pouvoir y rencontrer des artisans en train de travailler.


L’ARTISANAT A VITARIA :

Vers le milieu de la vaste zone de Vitaria, Tiare TAPUTU et sa fille Maureen tressent le pandanus qu’elles préparent elles-mêmes.